Les Traditions d'Imbolc

par Dawn Thebarge Hill

N'hésitez pas à rajouter vos propres informations où à compléter par vos ressentis, témoignages ou idées.

 

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Les perce-neige de Candlemas

Dans le conté de Shropshire, le perce-neige, première fleur du printemps, a pris la place des chandelles et a été nommé "cloches de Candlemas" ou "fleur de purification" ou encore, en rapport avec Brighid sans doute : "Douce Dame de Février"

Les labours

Dans certaines régions, on célébrait le premier jour des labours ou de la première plantation en poussant une charrue décorée de porte en porte. Les enfants, costumés, demandaient aux habitants de la nourriture, de l'eau ou de l'argent. S'ils refusaient, le jardinet à l'avant de la maison était labouré. Dans d'autres régions, la charrue était elle aussi décorée puis on versait dessus du Whiskey (l'"eau de vie"). On déposait sur le chemin des morceaux de pain et de fromage en offrande aux esprits de la nature. Au cours de cette période, on considérait comme tabou le fait de cueillir ou de couper une plante.

Breedhoge

Dans le même ordre d'idées, en Irlande, le "breedhoge" était transporté de maison en maison et les jeunes enfants du village collectaient de la nourriture et de l'argent "en l'honneur de miss Biddy". Le breedhoge était une baratte à beurre décorée avec du foin et de la paille de manière à représenter une figure humaine. La tête était constituée d'une botte de foin recouverte d'un foulard de mousseline blanche, et le tout était recouvert d'un vêtement de femme avec un châle.

Les feux de joie

On célébrait généralement Imbolc en allumant des feux de joie sacrés et des bougies, parce que Brighid était considérée comme la Déesse du Feu, le Feu de la guérison et de la naissance.

Le temps

De nos jours, Imbolc est généralement une période propice pour prédire le temps des saisons à venir. Une jolie coutume qui est encore pratiquée aujourd'hui consiste à placer une chandelle allumée à chaque fenêtre, la veille d'Imbolc, et à les laisser brûler jusqu'au lever du soleil le lendemain matin, pour s'assurer d'un soleil radieux pour l'année à venir.

Faire un "Caim"

(extrait de "Brighid's Fires Burn High" par Miriam Harline)
Pour se protéger au nom de Brighid, les Irlandais récitaient un "caim", écrit par les Matthews (? ndlt : je n'ai pas trouvé d'explication ou de traduction à ce sujet, merci de bien vouloir m'éclairer si vous avez des informations...). "caim" signifie "boucle" ou "cercle", et représentait donc un cercle de protection. Un caim mentionne généralement Brighid, les habitants d'une maisonnée ou une famille afin d'être protégés. Traditionnellement, pour réciter un caim, on plaçait l'index au dessus de la personne ou du sujet à protéger et on tournait autour de lui dans le sens des aiguilles d'une montre tout en récitant le caim. Vous pouvez tout aussi bien réciter un caim pour vous-mêmes. De même, un caim peut être fait en toutes circonstances et toutes saisons. Il encercle traditionnellement un groupe de personnes, de maisons, d'animaux ou le foyer de la maison. Les Matthews écrivent "Alors que sa famille se prépare à s'endormir, la mère Gaélique murmure ces mots (le caim) au dessus du feu lorsqu'elle l'affaiblit pour la nuit. Tout en les prononçant, elle sépare les tisons en trois petits tas égaux plus un quatrième en leur centre puis place trois petits tas de tourbe entre chaque et les recouvre de cendre. De telles traditions sont encore de mise dans l'ouest de l'Irlande. Ainsi, la protection de Brighid est attirée au dessus de la maison et de ses occupants.

"Le Frithing"

(extrait de "Brighid's Fires Burn High" par Miriam Harline)
Brighid est également considérée comme une voyante. Les Matthews la décrivent comme était "la figure centrale du monde celte". Elle est la patronne d'un type d'augure très spécial que l'on nomme "frith" et que l'on exécute le premier lundi du quart de l'année pour savoir ce que ce quart apporterait de bénéfique ou de mauvais. Les celtes divisaient l'année en 4 : d'Imbolc à Beltane, de Beltane à Lughnasadh, de Lughnasadh à Samhain et de Samhain à Imbolc. Ainsi, le premier lundi suivant Imbolc est le plus approprié. Afin d'accomplir le frith, au lever du soleil, on devait, pieds et tête nus, prier la Vierge Marie et Sainte Brighid puis tourner trois fois autour du feu dans le sens des aiguilles d'une montre. Ensuite, il fallait fermer les yeux (ou les bander) et se diriger vers la porte d'entrée de sa maison (ouverte), poser une main sur l'un des montants, dire une prière supplémentaire, puis poser une question spécifique à propos du quart d'année à venir. Ensuite il devait rouvrir les yeux et noter tout ce qu'il voyait face à lui.

Les augures du frithing pouvaient être "rathadach" (chanceuses) ou "rosadach" (malchanceuses). Voir un homme ou un animal se lever symbolisait une bonne santé. Au contraire s'il se couchait, il était signe de maladie ou de mort. Un coq s'approchant de la personne symbolisait la chance, un canard la sécurité (pour les marins), un corbeau la mort. A propos de la symbolique des chevaux subsistent encore aujourd'hui quelques vers : "A white horse for land, a gray horse for sea, a bay horse for burial, a brown horse for sorrow." Une personne qui pratiquait de telles augures étaient appelées "frithir". Le rôle du frithir était transmis de génération en génération. Selon les Matthews, de ce mot a découlé le nom "Freer", dont on disait qu'ils étaient les astrologues du roi d'Ecosse".

Une autre méthode de frithing consistait à utiliser ses mains comme une "longue vue". Cette technique servait par exemple à retrouver des personnes ou des animaux disparus ou à deviner l'état de santé d'un absent. Parfois, on utilisait également des pierres divinatoires faites de quartz rouge.


Les chandelles

(extrait du site chalicecenter.com)
En Grande-Bretagne, Candlemas était considérée comme était le festival des lumières. Au cours des longs jours sombres de février, les églises brillaient d'une intense lumière puisque chaque membre de la congrégation portait une chandelle allumée lors de sa procession autour de l'église, afin d'être béni par le prêtre. On ramenait ensuite la chandelle chez soi afin d'éloigner les orages, les démons ou autres diables. Cette coutume a subsisté en Angleterre jusqu'à son bannissement lors de la Réforme. Même après cela, la symbolique des chandelles allumée d'Imbolc restèrent ancrées dans les esprits populaires. des traces de cette tradition ont subsisté jusqu'il y a peu encore dans certaines régions de Grande-Bretagne.


Nouvelles traditions

La procession de Brídeog
Il s'agit d'une procession spéciale que les membres d'un groupe ou d'un coven peuvent effectuer la veille d'Imbolc (ou une autre nuit précédent le sabbat, si nécessaire). Il est nécessaire de s'organiser avant la procession afin que les gens puissent y assister et sachent à quoi s'attendre. Il est également recommandé de faire son ménage de printemps avant la visite des Brídeog. Les participants à cette assemblée, appelés "Biddy's" ou Brídeogs, préparent quelques chansons pour cet événement. Ils vont ensuite de maison en maison, offrant leur bénédiction et leur aide aux familles qui vivent là. Ils portent généralement d'étranges chapeaux et portent des tenues bizarres, ce qui ajoute une pointe d'humeur à cet événement traditionnel. Une jeune fille, généralement la plus mignonne du groupe, est désignée pour porter la poupée de Brighid (Brideo'gas) avec eux. Lorsque le groupe arrive quelque part, il demande à entrer dans la maison (c'est un symbole de malchance que de refuser l'hospitalité à un Brídeog). Puis tout le monde s'engouffre dans la maison et amuse la maisonnée avec quelques chansons (traditionnelles, morceaux à la flûte, au violon et, plus tard, à l'accordéon). Il récite ensuite une bénédiction de Brighid et offre une croix de Brighid à la maisonnée si elle n'en possède pas encore pour la protéger durant l'année à venir. Avant de partir, il est de coutume de remettre aux Brídeogs une denrée, généralement non périssable, qui sera utilisée pour un festin commun ou offert à une personne démunie.

Bénédictions du "Brat Bríde"

La veille d'Imbolc, la maîtresse ou le maître de maison prenait un petit morceau de tissu (de plus grande taille si la famille est nombreuse) et le déposait sur un buisson à l'extérieur de la maison. Pendant la nuit, lorsque la Déesse venait bénir la maison et ses habitants, elle touchait et bénissait ce tissu. Le lendemain matin, il était de coutume de récupérer ce tissu et de le couper en petits morceaux. Ce sont ces morceaux que l'on nommait "Brat Bríde" (BRAHT BREEJ). Ils étaient ensuite distribués aux enfants et aux femmes de la maison ou de la famille afin de leur assurer la protection tout au long de l'année, quoi qu'ils fassent. On plaçait également ces morceaux de tissu dans les poches ou les vestes des enfants pour s'assurer qu'ils ne se perdraient pas.

Bénédictions du "Bratach Bríde"

Le "Bratach Bríde" (BRAH-TOCK BREEJ) est un grand morceau de tissu qui était béni par la Déesse de la même manière que l'était le Brat Bríde. Cependant, au lieu de le couper en morceaux et de le distribuer, ce morceau de tissu était conservé comme une relique sacrée et ressorti année après année. Ainsi, le Bratach Bríde devenait de plus en plus puissant au fil du temps et pouvait être utiliser pour assurer une naissance sans danger, ou pour soigner la fertilité. On plaçait le linge sur la personne à soigner en invoquant l'aide de Brighid. Il a longtemps fait partie du matériel de base des sages femmes irlandaises. On l'utilisait aussi pour le bétail, afin d'assurer la pleine santé d'un veau après sa naissance, et pour s'assurer d'avoir du lait en abondance.

 

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